Rencontre avec Aurore qui est passée par la PMA

Aujourd’hui c’est Aurore (34 ans) maman d’un petit Ezio tout juste 4 mois né après un recours à la Procréation Médicalement Assistée – PMA qui nous parle de son expérience. Une maman qui est passée par différentes étapes souvent difficiles et dont le témoignage touchant et plein d’espoir aidera certainement d’autres mamans confrontées à la même réalité.

Rappel – La PMA c’est plus de 23000 naissances chaque année en France (chiffres de 2013 cf le Point ici)

Aurore est aussi blogueuse. Elle a fondé UBDP, Un Bouquet de Plumes – sa marque qui sommeille en ce moment pendant qu’elle prend une année pour se former à de nouvelles techniques en couture, broderie, crochet et tricot.

Quel genre de maman es-tu ? 

Un mélange entre la maman cool qui y va au feeling et celle qui se pose plein de questions en attendant que bébé parle.

Ton moment préféré de la journée avec ton fils ?

Tous, mais surtout ceux où on fait les fous tous les deux en poussant tous les cris qu’on trouve et en riant aux éclats.

Quelques mots pour présenter ton blog 

Sur mon blog, je partage mes confections, mes DIY et coups de coeur avec un soupçon de bohème. J’aimerais motiver un maximum de personnes à réaliser leurs vêtements et accessoires eux-même. On a un autre regard sur ce qu’on passe du temps à faire !

LA PMA

Pour quelles raisons as-tu eu recours à la pma? 

J’ai suivi un parcours PMA car j’ai une malformation et autres problèmes hormonaux. Ce qui empêche un bébé de faire son nid naturellement.

Quelles sont les grandes étapes de la pma ?

D’abord il y a toute la phase de diagnostic, la plupart via des prises de sangs, mais aussi via des prélèvements et parfois examens moins sympathiques. Cela permet de mettre en évidence ce qui cloche et permet de poser en face une solution PMA.

Quelles difficultés as tu rencontrées ? 

En fait, au début du traitement qui a duré 1 mois et demi avec 1 à 2 injections quotidiennes, j’étais sur un nuage, heureuse, légère : on me rendait ma normalité, je pouvais rêver, espérer. Je sortais en sautillant comme une gosse du cabinet de l’infirmière (j’ai rapidement appris à me faire les injections moi-même). Mais dès la seconde phase entamée, le second groupe d’hormones me tirait vers le bas : je pleurais, je déprimais. Mon homme a pris le relais en positivant pour deux car je n’en étais plus capable.

Une fois l’opération et le transfert passé, je ne répondais plus de rien : j’avais peur. L’angoisse, la vraie, celle qui est sourde et que tu voudrais à tout prix éviter de vivre de peur que cela joue sur le résultat.

Comment as tu vécu cette grossesse ?

Assise ou allongée sur mon canapé pour ne pas perdre Ezio puis pour qu’il n’arrive pas prématurément. J’ai vécu les 4 saisons aux travers des fenêtres de mon appartement… Contrairement à ce qu’on peut penser, ça ne m’a pas tant coûté moralement car je sais ma chance !!!! Un ventilateur pour supporter la canicule et hop, je me concentrais sur le bonheur de communiquer avec mon baby à loisir.

Le suivi de ta grossesse

Jusqu’à 5 mois car il y avait des risques de le perdre. J’ai fait une grossesse patho quasiment dès le début. Puis jusqu’à 7 mois car mon corps montrait à ce petit coeur la sortie. Une fois le 8ème mois enclenché, j’ai pu souffler… ouf !

L’entourage

Mon homme travaille à la maison et sauf quelques déplacements à l’étranger, nous étions ensemble quasiment tous les jours. Ma famille a également été très présente par message, téléphone car la géographie ne permettait pas de faire mieux. C’était énorme !

T’es-tu sentie soutenue ?

Oui et non. Oui comme je l’expliquais précédement et non car je ressentais une énorme solitude face à la mission que j’avais de mener ma grossesse à bout avec un bébé qui lui montrait qu’il s’en sortait comme un chef, alors que mon corps, parfois, essayait de lui mettre des batons dans les roues.

Routine santé/beauté enceinte

Mon spécialiste m’a prescrit des vitamines tout au long de ma grossesse, en plus de mon cocktail hormonal (que j’ai pu arrêter au bout de 3 mois). Dès que j’ai su que j’étais enceinte, j’ai pris plaisir à utiliser des crèmes anti-vergetures : mon coup de coeur va à la Bepanthen anti-vergetures qui de mémoire est une des moins chères du marché, mais aussi celle dont l’odeur me plaisait le plus et qui hydratait longtemps sans coller. J’avais la chance d’avoir mon esthéticienne à 5 minutes à pieds (sur les 30 minutes de marches quotidiennes autorisées), aussi je me suis offert des soins adaptés chaque trimestre : un bonheur !

As-tu suivi une préparation particulière ? gym douce ? 

Et non, je n’ai pas pu envisager de préparation mais j’écoutais beaucoup de musique à la maison : Janis Joplin, playlist zen, FIP, etc etc…

Ton bébé était-il en forme quand il est né ? 

Mon fils est arrivé 2 semaines avant le terme. Un bébé normal qui s’est débrouillé comme un champion et à tout de suite manifesté beaucoup de curiosité. Un ange !

Quelles sont les principales difficultés que tu as rencontrées en rentrant à la maison ?

Le post partum… j’ai mis 4 mois à en sortir et je pense qu’on en parle pas assez aux femmes. L’idée n’est pas de leur faire peur mais de dire que si ça arrive, il y a des solutions et c’est normal. Je me suis sentie vraiment triste et déprimée à un moment où je pouvais serrer contre moi ce petit être tant désiré.

Des sites que tu as consulté pendant ta grossesse ?

J’avais installé l’appli Doctissimo et je recevais un sms toutes les semaines pour me raconter l’évolution de mon bébé.

Tes bons plans pour ton bébé 

Sorties (bien qu’il soit encore petit !)  Si le temps le permet, nous allons en forêt et au parc tous les jours. On écoute les oiseaux, le vent dans les arbres… Si il est fatigué, je prends la poussette sinon c’est porte-bébé pour qu’il puisse observer !

Shopping Pour l’instant, Ezio est habillé avec les cadeaux qu’il a reçu ou les prêts des cousines. Les pulls sont tricotés par ses grands-mères, arrière grand-mère. Je compte lui coudre pantalons, sarouels et chemise ces prochains temps. Monsieur déborde déjà de la taille 9 mois 😉 Un bébé géant qui a un papa géant, j’aurai dû me méfier !

Les chaussons sur mesure réalisés par Marine de quandmamancoud et les illustrations de Maureen Poignonec qu’on retrouve notamment dans Une Histoire Chaque Soir (j’ai hâte de lui en lire)

On vient d’emménager alors côté déco c’est le début et ce sera plutôt ambiance brocante et objets qui ont des histoires. Comme un dreamcatcher rapporté d’Australie et des animaux en bois d’Italie qui lui ont été offerts.

 

Les questions bonus

As-tu envie d’étriper parfois certaines mères ?

 Celles qui sont trop rigides et passent leur temps à juger ce que tu fais comme si elles détenaient la vérité universelle.

Les réflexions idiotes que tu as pu entendre au cours de ta grossesse ?

« Est-ce que tu suis un régime ?  » … no comment !

Quels conseils donnerais tu à une maman qui a recours à la pma ?

D’en parler, d’être entourée par ses proches… C’est essentiel. Il y a aussi des sessions de discussion avec des couples qui sont ou ont été en PMA, et ça peut aider à se préparer, à vider son sac, poser son manteau de larmes… On se comprend. A ce titre, le collectif BAMP (association de patients AMP et de personnes infertiles) ne vous laissera pas seuls face aux épreuves que nous connaissons. Autant que possible : positiver et rire !

MERCI Aurore !!

– Pour en savoir plus – Les Maternelles (diffusé sur France 5) consacrait ce matin son émission à la PMA. Pour revoir l’émission c’est ici (émission du 11 février 2016)

 

 

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